Jean Morel, arborant fièrement les couleurs de Grünt

Mercredi 28 mai 2014, boulevard Poissonnière. C’est en cette veille maussade de jour férié que nous retrouvons Jean Morel, aka Bonal, aka Grünt, sur la terrasse surpeuplée d’un des nombreux pubs Irlandais jonchant les trottoirs du quartier. Le temps d’une pinte et de quelques cigarettes généreusement offertes par le bougre – c’est l’hôpital qui se fout de la charité – Jean retrace la création de ce qui s’impose comme l’un des plus grands avatars de l’âge d’or du rap français, réagissant au passage sur les manquements des grands médias actuels :

« Thomas : Peux-tu définir le projet Grünt succinctement ?

Jean : J’ai toujours du mal à faire ça. En gros, ça part d’une initiative première qui est de mettre la musique qu’on aime en avant. Concrètement, ça s’exprime sous différentes formes, à savoir des interviews, des freestyles filmés et des mixtapes.

J’ai eu la chance d’être entouré de gens qui m’ont permis de développer mon idée techniquement et surtout de l’améliorer puisqu’aujourd’hui on fonctionne vraiment en équipe, on s’aiguille mutuellement  : Quentin (real son), Simon (real image), Théo (réal image) et Costo, qui réalise les mixtapes de prods des freestyles. On travaille aussi avec d’autres personnes comme Goum prod, pour nos visuels notamment.

T. : Les instrumentales sont-elles dévoilées à l’avance aux rappeurs qui participent à une Grünt ?

J. : Jamais ! C’est la règle de base. D’ailleurs il nous est arrivé d’annuler des freestyles parce que les artistes voulaient écouter les prods à l’avance. Le freestyle, c’est l’esprit même du hip hop : tu écoutes la prod, tu te l’appropries et tu cales ton texte sur ces mesures là, ou tu improvises dessus.

T. : L’idée du freestyle longue durée est-elle venue spontanément ou est-ce le résultat d’expériences antérieures ?

J. : Le freestyle, c’était l’idée de base. le format s’est imposé parce qu’il était source de kiff pendant le tournage, on voulait que ça dure! Je voulais faire revivre cette ambiance des débuts du rap dont on s’est éloigné en France. Parallèlement, l’engouement de la nouvelle scène française pour le freestyle m’a encouragé : ça aime rapper dans la rue, ça aime faire de l’impro…

Si tu dig un peu, l’histoire du rap regorge de gifles comme les freestyles de Time Bomb, etc. auxquelles se rattache tout un état d’esprit.

Ce que je veux dire par là, c’est que le freestyle Planète rap, ça me parle pas. Venir faire sa promo à la radio et dire que c’est du freestyle, ça n’a pas de sens. En revanche, l’idée de se retrouver entre potes pour improviser dans une ambiance conviviale et spontanée, ça me plaît. C’est dans cette optique que se place Grünt.

T. : Pourtant vous offrez une forme de promotion aux artistes avec lesquels vous tournez ?

J. : Je suis d’accord avec toi, mais il faut se méfier de la notion de “promotion”. Ce terme implique des enjeux financiers dont nous nous sommes affranchis. Lorsqu’on invite un artiste à faire un freestyle, on attend rien en retour.

Chez Nova des gens m’appellent tous les jours pour qu’on passe un clip de leur artiste, ce sont des responsables de promotion, ils font leur taf, défendent leur artiste et c’est bien normal. Ils essayent de le vendre. Mais avec Grünt, on choisit d’aider un artiste parce que sa musique nous plaît. C’est pas de la promotion au sens business du terme. On ne répond jamais à une demande de suggestion de freestyle. Et encore moins à ceux qui proposent de la mise en avant rémunérée ; ça c’est vraiment tout ce qu’on déteste.

D’autre part on essaye d’apporter une qualité de son à l’auditeur. Si tu compares l’enregistrement d’une Grünt avec celui d’un Planète rap, tu verras que le son de la Grünt (et de Quentin) est nettement meilleur que celui du Planète rap. C’est paradoxal ! Skyrock a des milliers d’euros de matos, mais les mecs se contentent de livrer un produit commercial, sans aucun respect de l’auditeur. Nous, on se débrouille avec trois bouts de micro volés dans des pièces même pas insonorisées et on arrive à avoir un son décent. Nous portons simplement plus d’attention à ce qu’on fait.

T. : Donc tu penses que Skyrock enregistre ses émissions à l’arrache ?

J. : Pas que ce soit fait à l’arrache, mais ils s’en foutent ! Il n’y a aucun respect de l’auditeur. Cette logique de passer une semaine avec les mêmes mecs alors que tout est payé à l’avance par les maisons de disques, c’est juste l’antithèse de ce qu’on veut faire !

T. : Tu sembles avoir une idée bien définie sur l’état actuel de l’industrie musicale…

J. : Ça me passionne depuis que je suis gamin, donc j’ai beaucoup réfléchi sur le sujet. D’une certaine façon, Grünt est une réaction par rapport à tout ce que j’ai pu expérimenter dans le milieu de la musique.

D’ailleurs, si tu écoutes la toute première émission qu’on a enregistré, il y a trois ans, ça commence par un genre de manifeste. Aujourd’hui je considère qu’on a pas dévié de cette direction. Par exemple, l’argent qu’on a fait avec les sweats a été entièrement réinvesti dans l’achat de matériel. Aucun membre du crew n’a touché de bénéfice.

La première émission de Grünt

T. : Envisages-tu de rentabiliser le projet ? Si oui, comment ?

J. : Pour rentabiliser Grünt il faudrait que l’émission soit reprise par un grand média. Je suis tout à fait ouvert à cette possibilité mais ça sera sans aucun compromis de notre part.

Autrement dit, on restera toujours dans une logique de gratuité. Nous proposons les contenus que nous voulons, ensuite libre à chacun d’écouter ce qu’on fait. Je ne pense donc pas qu’on sera rentable un jour, parce qu’aucune structure n’acceptera un deal aussi contraignant, mais on croise les doigts et on continue de faire ce qu’on fait !

T. : Ça sous entend que pour faire de la thune dans le rap ou, de manière générale, dans la culture, il faut faire un compromis sur la qualité de la production culturelle…

J. : Je n’en suis pas si sûr. Il y a des exemples de structures qui arrivent à prospérer tout en produisant des programmes riches. La plupart du temps ces structures sont subventionnées, comme Arte par exemple, qui reçoit des aides de l’Etat. Mais c’est déjà une dépendance, nous on a un seul rapport direct, c’est celui de nos auditeurs, qui s’avèrent comprendre suffisamment l’état d’esprit pour nous soutenir. Là, on est dans un rapport parfaitement sain, parce qu’on ne doit de comptes qu’à ceux qui nous écoutent.

Si l’on ne reçoit aucune aide financière, la gratuité nous permet néanmoins de maintenir un niveau d’exigence élevé. Je préfère que l’émission finisse par capoter, mais que les auditeurs se disent : “putain les mecs sont allés jusqu’au bout !”, plutôt que de dévier vers un truc dans lequel on ne se reconnaîtra plus.

A l’heure actuelle, on a tout de même réussi à partager un état d’esprit. C’est quelque chose de formidable ! On fait ça entre nous, pour nous et pour ceux qui nous écoute. Si cette mentalité devient pérenne et que ça motive d’autres personnes pour reprendre le flambeau, je pourrai crever en paix !

T. : Peux-tu qualifier votre audience en terme d’âge, d’affinités, etc. ?

J. : Pas vraiment. A partir du moment où tu réfléchis à une cible, tu es déjà dans une démarche marketing. Or on est pas du tout dans cette logique : on propose la musique qui nous plaît, ensuite libre aux gens d’apprécier, ou pas, ce qu’on fait.

D’ailleurs, on s’aperçoit que la population qui nous écoute est beaucoup plus diversifiée que ce qu’on pensait. On a discuté avec des vieux – NDLR : plus de trente ans – qui étaient contents de retrouver l’esprit qu’ils avaient connus aux débuts du peu-ra.

T. : Si on devait chercher un point commun aux artistes que vous avez rencontrés, pourrait-on les regrouper sous une couleur commune ?

J. : Question difficile… Avant tout ce sont des artistes qui font des freestyles – un exercice auquel l’ensemble des rappeurs ne se prêtent pas finalement. En général on essaye d’aller chercher les jeunes pousses. Si l’on devait les unifier sous une couleur commune, ce serait sûrement la rage des débuts. Ce sont des artistes qui ne sont pas encore bien implantés dans le rap. Ils sont prêts à tout donner pour faire leurs preuves.

T. : Vous travaillez uniquement avec des indépendants ?

J. : C’est à dire que lorsqu’on veut contacter l’artiste d’un label, il faut d’abord s’adresser à son attaché de presse. Et je déteste parler avec un intermédiaire ! Toutes les Grünts qu’on a tournées, je les ai organisées en m’adressant directement aux artistes.

T. : De près ou de loin, beaucoup des nouveaux artistes sont connectés à l’Entourage…

J. : C’est vrai et c’est un écueil dans lequel on ne doit pas tomber. S’il arrive qu’on reste parfois dans les mêmes sphères, je considère tout de même que chaque Grünt a une couleur différente. La Grünt 11 avec Georgio n’a par exemple rien à voir avec ce que fait Alpha Wann sur la Grünt 15, beaucoup plus américaine. C’est l’invité principal qui donne le ton.

Grünt 15 avec Alpha Wann & Papoose

En réalité l’Entourage a des contacts avec la quasi-totalité du rap français, mais cela ne veut pas dire qu’il y a des connexions. Par exemple, Nemir a fait quelques titres avec des membres de l’Entourage, mais c’est un rappeur de Perpignan qui est dans un univers totalement différent. Les membres de l’Entourage ont tellement baroudé dans le rap qu’ils connaissent tout le monde. Lorsqu’on a tourné la Süre Mesüre 2 avec Deen Burbigo, Rocé et Kohndo, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’ils se connaissent. Pourtant si ! Pour faire court, dans le rap tout le monde se connaît.

T. Dans ton interview de la 75e session tu interroges le collectif sur les nouvelles formations rapologiques : l’Entourage, etc. De ton point de vue est ce qu’il y a une raison particulière à cette façon d’entrer dans le rap (recherche d’une identité, sous représentation du genre dans les médias, simple tendance…) ?

J. : Au commencement du Hip Hop les artistes étaient organisés en posses. Il y avait des rappeurs, des DJs… Pour moi ce qui a favorisé l’émergence des rappeurs solos, c’est la commercialisation du rap. A partir du moment où des gens ont voulu gagner de l’argent avec le rap, ils avaient tout intérêt à le faire seul.

Internet arrivant, il est devenu plus difficile de gagner de l’argent avec la musique. Or, je pense que ce changement de paradigme est une raison qui explique que les rappeurs travaillent à nouveau ensemble.

Après, il y a aussi un attachement de la nouvelle scène rap à son héritage. Les groupes apparaissent comme un signe de distinction face aux artistes solos. Autrement dit, pour les jeunes pousses du rap, le groupe est un moyen de se distinguer des artistes actuels : Booba, Rohff… Tout en revendiquant un héritage.

T. : Donc il y a une réaction identitaire et un mouvement réactionnaire…

J. : …Une réaction identitaire même : il y a une volonté de retour aux fondements du rap qui passe par l’identité du groupe. Ceci dit, dans des groupes comme l’Entourage pour parler à nouveau d’eux il y a aussi des carrières solos. Deen évolue en solo, Jazzy bazz, Alpha Wann… C’est justement l’alternance entre ces deux modes de travail qui est intéressante. Tout en gardant un espace de création personnel, les rappeurs s’ouvrent à d’autres horizons et progressent mutuellement.

D’une manière générale je pense que c’est un phénomène sociétal qui ne touche pas que le milieu de la musique. Les gens ont besoin de se serrer les coudes. Du moins c’est ma vision des choses et c’est ce qui transparaît dans Grünt : je pourrais faire un truc en pensant qu’à ma gueule à la Olivier Cachin, mais ça serait bien moins riche en terme d’identité et de contenus.

Mais pour nuancer encore davantage j’ajouterai que le rap est très difficile à définir comme singulier, il est réellement multiple, a différentes couleurs. Tu vois, on vient d’essayer de définir une tendance sur les groupes et les posses, mais Joke démonte a lui seul cette théorie, jeune pousse, il a explosé en solo, dans son registre, sans revendication du passé, avec des beatmakers différents etc., donc il faut toujours accepter la pluralité du rap pour en faire une analyse pertinente.

T. : Comment définirais-tu l’image actuelle du rap français dans les médias (télé, radio, presse…) ?

J. : Le Hip Hop véhicule des clichés dont certains médias n’arrivent pas à se défaire. Quand tu vois un rappeur se faire inviter sur un plateau télé, tu as l’impression que le gars est obligé de commencer l’interview par “Yo ! Wesh ?!”… C’est gênant.

Je pense par exemple à une émission de On est pas couché qui avait reçu un rappeur. Zemmour commence en disant : “j’aime pas le rap, donc je n’ai pas écouté”. Ces mecs là ne sont pas dans une démarche journalistique. Il démissionnent de leur propre métier avant même d’avoir posé des questions. Comment tu peux interviewer un mec sans avoir écouté ce qu’il fait ? C’est débile.

Il y a donc un double jeu, avec le rap et les médias, qui devient pervers. Les médias entretiennent les vieux clichés sur le genre, mais commercialement c’est une musique qui fait vendre et qui fait de l’audimat. Aujourd’hui le rap fait partie des trois genre les plus écoutés au monde, pourtant il bénéficie encore d’un traitement médiatique qui se résume à : “c’est forcement des caille-ras”. Alors que le rap est beaucoup plus diversifié que ça !

J’y reviens donc, puisque c’est la grande erreur du traitement médiatique du rap, Pour moi il n’y a pas un rap, mais des raps. Et les seules personnes qui traitent de l’ensemble du genre, sont celles qui s’y intéressent vraiment. Or les trois-quarts des gens qui parlent de rap dans les médias ne s’y intéressent pas. Ce sont des gens qui font mal leur métier.

Il y a une phrase d’Akhenaton qui résume bien cet état de fait :

“Skyrock se dit premier sur le rap, mais il ne faut pas oublier que Skyrock est premier grâce au rap”

T. : Du coup, quels médias donnent aujourd’hui une image authentique du rap en France ?

J. : L’ABCDR du son. Ça fait dix ans que ces mecs charbonnent dans l’ombre et ils n’ont jamais fait ça pour la thune. Il y a suffisamment de gens qui aiment le rap pour en parler correctement. Il faut simplement chercher. Si tu aimes le foot (comme moi) et que tu n’es pas trop con, tu ne t’arrêtes pas à 100% foot tu te tournes vers Faute Tactique, les cahiers du Football, So Foot etc.. Si tu as envies de lire des gens qui te parlent de rap intelligemment, tu vas plus loin que le Grand Journal.

T. : Tu as un regard critique sur le journalisme actuel…

J. : J’ai une critique générale sur les médias. Aujourd’hui l’information est traitée dans l’urgence, c’est catastrophique. Tout ce qui est traité dans l’urgence est lié au clic : tu mises sur un buzz médiatique. Ça s’inscrit dans la même logique que le marketing. Si tu es dirigé par la thune, tu ne peux pas faire de qualitatif. Les médias de qualité, qui aujourd’hui font de la thune, ont commencé par faire du qualitatif. Le public a accepté de donner de la thune à ces médias parce qu’il a reconnu la qualité de leurs contenus.

C’est incroyable que les gens n’aient pas compris que ça marche comme ça ! Les blogs musicaux sur internet, il y en a douze milliards ! Au lieu de se dire premier sur le rap et de chercher l’exclusivité, prend le temps, fais un long papier et tu verras que les gens se tourneront vers toi parce que tes sujets sont approfondis. C’est exactement ce qu’on fait avec Grünt : on propose un truc qui n’existait pas sur internet.

T. : La politique urgentiste dont tu parles est en grande partie induite par internet, mais d’un autre côté c’est internet qui vous permet de vous faire connaître. Paradoxe ?

J. : Justement ! Nous prenons le système à l’envers. C’est parce que nous ne sommes pas guidés par l’urgence que nous arrivons à nous distinguer. Internet peut être le médium le plus formidable du monde s’il n’est pas dévoyé ; plutôt que de tout faire pour correspondre aux habitudes des consommateurs (textes courts, beaucoup de visuels, etc.) essaye de les amener sur ton terrain : approfondissement, respect, et là si ça leur plait ils vont revenir. A traiter le web à l’audimat, on va finir par le transformer en nouvelle télévision…. Regarde, aujourd’hui il n’y a déjà plus que 4 portes d’entrées sur le web, Google, Facebook, Youtube et Twitter… Ça fait déjà drôlement penser à TF1, Canal + France Télé et M6 nan ? Alors que c’est un médium INFINI !

T. : A ce titre vous êtes tout de même des OVNI dans la sphère médiatique…

J. : Ça me fait plaisir, mais en réalité nous essayons simplement de réfléchir à ce qu’on fait. On est pas dans une logique où on va tourner avec un artiste parce qu’il a fait 200 000 vues sur Youtube. Lorsqu’on prépare une Grünt, la pertinence de nos choix artistiques est étudiée pendant plusieurs heures.

Pour la Grünt 19, par exemple, on aurait pu tourner lorsque Beny le Brownies était de passage à Paris. Au lieu de ça on a préféré se déplacer chez lui, à Annecy, pour passer une soirée avec ses potes et tourner la Grünt. Il y a donc un récit qui s’écrit autour du freestyle.

T. : Beny le Brownies ?

J. : Beny le Brownies ! Il faut que t’écoutes ce mec, il est hyper chaud.

beny_le_brownies_grunt.jpg

Beny le Brownies arborant fièrement les couleurs de Grünt

T. Les derniers freestyles ont accueilli des artistes anglo-saxons (Papoose, etc..). Envisagez-vous de vous ouvrir au rap américain, britannique… ?

J. : Plus on grandit, plus notre audience est importante. Ça nous permet donc d’avoir plus d’artistes différents. C’est ce qu’on a fait sur la Grünt 15 avec Papoose. On a également réalisé une Grünt 100% anglaise lorsqu’on est allés à Londres pour tourner avec Sub Luna City et Rejjie Snow. Après c’est compliqué en terme de logistique. Il faut réussir à croiser les artistes lorsqu’ils sont sur Paris, il faut trouver une salle… Quoi qu’il en soit on essaye de faire des mélanges dès que l’occasion se présente, pour montrer que le Hip Hop n’est pas fermé à un seul style.

Grünt 16, une édition 100% Britannique

T. : Que trouve-t-on dans ton iPod ?

J. : En ce moment je suis à fond dans la bass-music : STWO, Phazz, Dtwice de Bel Air… Je t’enverrai des sons si tu veux. En gros, tous les artistes des Grüntapes sont des gars que j’écoute.

Grünt est surtout connu pour ses freestyles mais les mixs et DJ-sets sont une facette considérable du projet. Quand je fais un set il peut y avoir de la house, de la techno, du bee bop, de la soul…

T. : Les DJs que vous invitez connaissent-ils Grünt ?

J. : Stwo connaissait déjà Grünt et il appréciait le concept. En terme de notoriété, le mec n’avait aucun intérêt à mixer pour nous : il travaille déjà pour Tsugi, Radio Nova… C’est pas Grünt et ses 15 000 fans qui vont l’aider. Pourtant il a accepté parce qu’il aimait notre projet. Miser sur la qualité finit donc par payer, ça permet de construire une relation avec les artistes. Et Stwo, on l’aime ! Les grüntapes et leur succès lui doivent beaucoup.

Pour l’anecdote, je me souviens d’un tweet de James Lega où celui-ci s’attaquait à ceux qui profitent de la nouvelle vague du rap français pour revendiquer leur connaissance du milieu. Le twitt a été repris par Hologram Lo’ qui a ajouté :

“N’est pas Grünt qui veut.”

ça nous a fait immensément plaisir du coup j’en place une pour les Gs Hologram lo’ et James Lega

T. : Quels sont les prochaines pistes pour Grünt ?

J. : On aimerait bien continuer à faire du live. Un nouveau format d’interview, plus court, va également arriver. On est en train de monter le pilote. Un vrai site internet aussi…

T. : Quelques mots pour conclure ?

Indépendance et, au risque de faire dans le cliché, le Lüv. Tout ce qu’on fait pour Grünt est réalisé dans une idée de partage. J’espère que les gens qui sont dans cet état d’esprit se retrouvent dans le projet.

T. : Merci Jean !

J. : Tu vas avoir du boulot !

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