On a mis une petite semaine à digérer le deuxième album de Joey Bada$$. Retour en détail sur All Amerikkkan Badass.

 

joey badass all amerikan badass chronique

1999 est jusqu’à présent le meilleur projet de Joey Bada$$. Cette phrase peut être sujette à discussion (et on vous invite à débattre) mais in fine on sera d’accord sur cette affirmation. Pourquoi ? All Amerikkkan Bada$$ est un album scindé en deux parties : la première aux sonorités ultra solaires tout en étant contrastée par des textes qui ne manquent pas de spleen et de revendications. La seconde est un retour à ce qu’il fait de mieux : une ambiance plus sombre et egotrip.

En soi, l’analyse peut être simple et concise car l’album est clair de compréhension. Joey Bada$$ a pris un risque en proposant un registre dans lequel on ne l’avait jamais entendu auparavant, montrant ainsi qu’il est capable de faire autre chose que des morceaux 90’s. Certains crieront certainement au génie; d’autres à la déception pour celles et ceux qui voulaient l’entendre débiter sur du boom bap 1h. Mais quel intérêt de proposer 1999 part.2 5 ans après ?

Par rapport à ces deux bords, on salue tout simplement la prise de risque de l’artiste. Néanmoins, quitte à prendre les auditeurs à contre-pied, on aurait préféré qu’il assume son audace jusqu’au bout, en nous proposant un 12 titres entièrement dans la lignée de la première partie. Car risque certes, mais risque payant ! C’est vrai, c’est quelque peu déroutant à la première écoute. Mais quand on oublie que c’est Joey Bada$$ on prend vraiment du plaisir à l’écouter sur un autre registre. TEMPTATION et DEVASTED sont par exemple de véritables summer hits. Et ceci tout en gardant cette rage du stylo. On vous incite fortement à faire tour sur Rap Genius.

Comme dit plus haut dans l’introduction, Le Joey est un pur produit de Brooklyn – impossible pour lui de faire un album sans revenir aux sources de ce qui l’a fait connaître. On sait tous qu’il excelle dans ce domaine. N’empêche que la deuxième partie est moins intéressante que la première d’un point de vue artistique. Trop facile pour lui, c’est sa zone de confort, il sait comment nous faire bouger la tête frénétiquement dès la première seconde (RING THE ALARM !!!). Mais il fallait bien donner à manger à ceux qui ne veulent écouter le Bada$$ kid que dans un style, et Dieu seul sait à quel point ils sont nombreux, d’où l’intérêt de les contenter.

C’est pour ce risque lâché en cours de route que l’on classera All Amerikkkan Bada$$ légèrement derrière 1999. Son côté manichéen l’empêchant de détrôner la perle qu’était cette mixtape. Les deux parties sont intrinsèquement excellentes, mais il est difficile de juger cet album dans son entièreté.